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A la suite du tragique accident de car survenu le 22 juillet 2007 dans la côte de Laffrey en Isère, le ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables vient de publier sur son site (http://www.equipement.gouv.fr) la carte des sections du réseau routier national présentant un risque élevé d’accident pour les autocars et les poids-lourds en raison de la déclivité. Cette carte recense 53 sites. A la demande du ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, chaque lieu ciblé va faire l’objet d’un audit des ingénieurs du Conseil général des Ponts et Chaussées qui analyseront puis proposeront des solutions d’aménagement. 

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Luc BINSINGER, Maire de Saint-Nicolas-de-Port, dont la commune a été recensée comme point noir par le Gouvernement, se réjouit d’une telle disposition. Néanmoins, il fait observer que le tronçon autoroutier ciblé ne présente pas une déclivité (5 %) ni une dangerosité élevées en comparaison d’autres routes de Lorraine ou de France : « Je suis étonné de voir sur cette carte figurer le nom de Saint-Nicolas-de-Port et en même temps de constater l’absence de routes accidentogènes, comme la côte de Fontoy en Moselle, sur l’A30, la descente de Piedmont-Longwy sur la N52 en Meurthe-et-Moselle, la montée Saint-Michel à Thionville aménagée en 2×2 voies sur la D14, la N415 menant au Col du Bonhomme dans les Vosges. Tout comme je suis étonné de constater que c’est cette autoroute qui est considérée comme dangereuse alors qu’un kilomètre plus loin, près de 1000 poids lourds par jour transitent par le centre-ville de Saint-Nicolas-de-Port, au milieu des habitations et sur une descente aussi raide, mais deux fois plus étroite »

La moitié des accidents graves en France se passe sur route départementale

En outre, Luc BINSINGER s’interroge sur l’efficacité d’une telle carte alors que l’étude effectuée par la sécurité routière entre 2001 et 2005 (disponible à l’adresse web http://www.securite-routiere.gouv.fr/infos-ref/observatoire/index.html) montre qu’en France métropolitaine, 48,5 % des victimes de la route l’ont été sur les réseaux départementaux, 20,5 % sur les routes nationales, 18 % dans les petites agglomérations inférieures à 5 000 habitants. L’autoroute ne représente que 7 % dans le nombre de tués. En Lorraine, 52,9 % des personnes tuées le sont sur les routes départementales, voire jusqu’à 64 % dans le département des Vosges. 

L’alcool et le manque de luminosité font plus de victimes que les côtes

Autres indicateurs  que le Maire de Saint-Nicolas-de-Port souligne : en 2006, 31 % des accidents graves et 44 % des personnes tuées sont intervenus de nuit. Taux qui sont particulièrement élevés par rapport au nombre d’usagers sur les routes à ces heures de sommeil. Enfin l’alcool est la cause de près de 30 % des accidents mortels et reste l’un des problèmes majeurs en matière de sécurité routière. 

Et Luc BINSINGER de conclure : « La précipitation du Gouvernement à sortir la carte des points noirs et à faire primer l’événementiel sur l’essentiel, pourrait laisser croire qu’il se soucie plus d’être actif que d’être efficace. J’ose espérer que ce ne soit pas le cas, car au regard de la réalité routière en France, 750 000 km de réseaux, 80 300 accidents et 4700 morts en 2006, cette brève cartographie des 53 points noirs apparait déjà comme un pansement posé sur un cancer généralisé ».

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